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Le tableau de bord hebdomadaire du dirigeant : cinq chiffres suffisent

La plupart des tableaux de bord échouent pour la même raison : ils contiennent trop d'informations et ne déclenchent aucune décision. Un bon tableau de bord de dirigeant tient sur un écran, se lit en deux minutes, et chaque ligne appelle une action précise.

Voici les cinq indicateurs qui remplissent cette condition dans une PME, et ce que chacun doit déclencher.

1. La trésorerie disponible et sa projection à quatre semaines

Le solde du jour ne dit rien à lui seul. Ce qui compte, c'est le solde projeté une fois passées les échéances connues : salaires, loyer, TVA, échéances d'emprunt, factures fournisseurs à échoir.

Un dirigeant qui connaît sa trésorerie à quatre semaines ne subit jamais une échéance. C'est aussi ce qui permet de répondre à la question « puis-je engager cette dépense » sans attendre le relevé du mois suivant.

Ce que la ligne doit déclencher

Une projection qui passe sous un seuil défini à l'avance déclenche une action : relance ciblée des plus gros encours, décalage d'un investissement, ou mobilisation d'une ligne de financement court terme avant d'en avoir besoin.

2. L'encours client et son ancienneté

Le montant total des factures émises non encaissées, ventilé par ancienneté. C'est l'indicateur qui déclenche les relances.

Une facture de plus de soixante jours a statistiquement beaucoup moins de chances d'être payée spontanément qu'une facture de trente jours : le délai de réaction fait la différence. Une séquence de relances automatisée transforme cet indicateur en action sans intervention.

3. Le chiffre d'affaires facturé du mois en cours

Comparé au même mois de l'année précédente et à l'objectif. L'intérêt n'est pas le chiffre lui-même mais sa tendance : trois semaines consécutives en retrait signalent un problème commercial qu'il vaut mieux traiter en avril qu'en septembre.

Points clés

Attention à ne pas confondre chiffre d'affaires facturé et encaissé. Le premier mesure l'activité, le second la trésorerie. Les suivre ensemble révèle immédiatement une dégradation du délai de paiement.

4. La marge des affaires en cours

Pour les activités vendues à l'affaire, l'écart entre le devis et le réalisé sur les chantiers ouverts. Un dépassement détecté à mi-parcours peut encore être corrigé, par un avenant ou par un ajustement des moyens. Découvert à la facturation finale, il est définitivement perdu.

Cet indicateur suppose un suivi analytique par affaire, alimenté au moment de la saisie et non reconstitué en fin de mois.

5. La TVA et les charges à provisionner

Le montant estimé de la prochaine échéance de TVA et des charges sociales. Ces sommes sont encaissées ou dues mais ne vous appartiennent pas : les afficher en permanence évite de les confondre avec de la trésorerie disponible.

La plupart des tensions de trésorerie en PME ne viennent pas d'une baisse d'activité, mais d'une TVA encaissée puis dépensée. Afficher le montant dû à côté du solde bancaire suffit à supprimer le problème.

Ce qu'il ne faut pas y mettre

Le résultat comptable mensuel, tant qu'il n'intègre pas les régularisations, induit plus en erreur qu'il n'informe. Les ratios d'analyse financière relèvent d'une revue trimestrielle, pas hebdomadaire. Et tout indicateur qu'on regarde sans savoir ce qu'on en ferait doit sortir du tableau.

La condition de survie du tableau de bord

Alimenté manuellement, un tableau de bord est abandonné au bout de six semaines : c'est une constante. Alimenté automatiquement par la comptabilité et la synchronisation bancaire, il devient un réflexe du lundi matin, parce qu'il ne coûte rien à consulter.

Questions fréquentes

Faut-il un tableau de bord si l'entreprise est très petite ?

D'autant plus : une petite structure a moins de marge d'absorption face à un incident de trésorerie. Les cinq indicateurs restent les mêmes, la lecture prend deux minutes.

À quelle fréquence le consulter ?

Hebdomadaire pour la trésorerie et l'encours, mensuel pour l'activité et la marge, trimestriel pour les ratios financiers. Vouloir tout regarder chaque semaine conduit à ne plus rien regarder du tout.

Comment fixer les seuils d'alerte ?

À partir de l'historique : le plus bas niveau de trésorerie des douze derniers mois, le délai de paiement moyen constaté, la marge habituelle par type d'affaire. Un seuil fixé arbitrairement se déclenche trop souvent ou jamais.

Le tableau de bord remplace-t-il la comptabilité ?

Non, il en découle. Sa fiabilité dépend entièrement de celle des données comptables : une saisie en retard de trois semaines produit un tableau de bord faux, donc des décisions fausses.

Faut-il le partager avec l'équipe ?

Partager l'encours client avec les commerciaux et la marge des affaires avec les chargés de projet change les comportements plus sûrement qu'une consigne. La trésorerie reste en général une information de direction.

Ce qu'il faut retenir

Cinq lignes, une action derrière chacune, et une alimentation automatique. C'est le format qui survit au-delà du deuxième mois, et la différence entre piloter et constater.

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