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Rapport de gestion : qui doit encore l'établir et que doit-il contenir

Le rapport de gestion accompagne traditionnellement les comptes annuels soumis aux associés. Depuis l'allègement des obligations des petites entreprises, beaucoup de dirigeants ne savent plus s'ils doivent encore le produire, et le sujet ressurgit chaque année au moment de préparer l'assemblée.

La réponse dépend de la taille de la société, et parfois de sa situation particulière. Voici comment déterminer si vous êtes concerné, ce que le document doit contenir lorsqu'il est obligatoire, et pourquoi il peut rester utile même en cas de dispense.

La dispense pour les petites entreprises

Les sociétés commerciales qui ne dépassent pas les seuils de la catégorie des petites entreprises sont dispensées d'établir un rapport de gestion. Cette catégorie s'apprécie au regard de trois critères : le total du bilan, le chiffre d'affaires net et le nombre moyen de salariés.

Points clés

La dispense joue lorsque deux des trois seuils au moins ne sont pas franchis. Le franchissement doit être constaté sur deux exercices consécutifs pour produire ses effets : une année atypique ne fait pas basculer la société dans la catégorie supérieure.

Vérifier sa catégorie chaque année

Les seuils sont revalorisés périodiquement. Une société qui croît régulièrement doit surveiller sa position, car le basculement emporte plusieurs conséquences simultanées : rapport de gestion, présentation des comptes annuels, et parfois obligation de désigner un commissaire aux comptes. Les seuils applicables se vérifient au moment de la clôture, à partir des comptes arrêtés.

Qui reste tenu de l'établir

Le contenu attendu

Lorsqu'il est obligatoire, le rapport de gestion présente la situation de la société et l'évolution de son activité. Il n'est pas un résumé des comptes mais leur mise en perspective : ce qui s'est passé, pourquoi, et ce qui est attendu.

Le volet risques, souvent expédié

C'est pourtant la partie la plus lue par un tiers. Dépendance à un client majeur, exposition à une matière première, litige en cours, renouvellement de bail incertain : énoncer ces risques n'affaiblit pas la société, cela démontre que la direction les identifie. Un rapport silencieux sur des risques évidents produit l'effet inverse de celui recherché.

Les mentions spécifiques fréquemment oubliées

Certaines informations doivent figurer dans le rapport lorsque la situation le justifie :

Le rédiger même sans y être tenu

La dispense légale n'interdit pas de produire le document. Trois situations le rendent utile même pour une petite structure :

Deux pages suffisent. Un rapport de gestion utile n'est pas un document long, c'est un document qui explique ce que les chiffres ne disent pas.

Sa place dans la procédure d'approbation

Le rapport, lorsqu'il est obligatoire, fait partie des documents mis à disposition des associés avant l'assemblée, dans les délais propres à chaque forme sociale. Il est tenu au siège social. Sa communication tardive constitue une irrégularité de la procédure d'approbation des comptes.

Il n'est plus systématiquement déposé au greffe pour les sociétés bénéficiant de l'option de confidentialité, mais il doit être communiqué à toute personne qui en fait la demande dans les conditions prévues.

Questions fréquentes

Une SASU doit-elle établir un rapport de gestion ?

Elle en est dispensée si elle relève de la catégorie des petites entreprises, ce qui est le cas de la grande majorité des sociétés unipersonnelles. La décision de l'associé unique doit néanmoins être consignée par écrit et répertoriée dans le registre des décisions.

Le rapport de gestion est-il public ?

Il ne l'est pas dans tous les cas. Les sociétés bénéficiant de l'option de confidentialité ne le rendent pas librement consultable, mais il reste communicable dans les conditions prévues par la loi, notamment aux associés et à certaines autorités.

Qui rédige le rapport de gestion ?

Il est établi par l'organe de direction : gérant en SARL, président ou conseil en SAS et en SA. L'expert-comptable peut l'assister, mais la responsabilité du contenu appartient au dirigeant, qui le signe.

Que risque-t-on à ne pas l'établir alors qu'il est obligatoire ?

Le manquement peut engager la responsabilité du dirigeant, notamment vis-à-vis d'associés privés de l'information à laquelle ils ont droit. Il fragilise également la procédure d'approbation, avec un risque de contestation des délibérations.

Faut-il le mettre à jour en cours d'exercice ?

Non, c'est un document annuel. En revanche, il doit intégrer les événements importants survenus entre la clôture et son établissement : un sinistre, la perte d'un client majeur ou la signature d'un contrat structurant survenus en mars doivent figurer dans le rapport relatif à l'exercice clos au 31 décembre.

Ce qu'il faut retenir

La plupart des PME en sont dispensées, à condition de rester sous deux des trois seuils sur deux exercices consécutifs. Celles qui doivent l'établir ont intérêt à en faire un document court et franc, particulièrement sur les risques. Et celles qui en sont dispensées y trouvent parfois un outil de crédibilité, notamment face à une banque ou à un repreneur.

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